Vincent Pelletier
À temps plein dans l’escrime PAR : Émilie Bouchard-Labonté Montréal, 13 mai 2010 (Sportcom) – L’épéiste québécois Vincent Pelletier s’est offert, le week-end dernier, l’une de ses meilleures performances en terminant au 14e rang de la Coupe du monde de Paris. Celui qui a récemment mis sa carrière professionnelle en veilleuse pour se consacrer à son sport est l’Athlète Sportcom de la semaine du 11 mai 2010. Avocat au ministère de la Justice depuis six ans, Vincent Pelletier poursuivait toujours sérieusement son entraînement en escrime, mais sans partir à l’étranger pour participer aux Coupes du monde. Cela a fini par lui manquer. « Je commençais à trouver ça plate, car je n’avais pas vraiment d’objectifs. Je ne parvenais pas à me dépasser et j’ai réalisé que ça me manquait. J’ai essayé de voir si j’étais capable de continuer », raconte l’escrimeur de 33 ans qui a refait le saut l’an dernier, participant au circuit de la Coupe du monde tout en travaillant. Sa capacité à se tailler des places dans les tableaux de 64 des différents tournois internationaux lui fait remarquer qu’il est toujours dans le coup! « D’un autre côté, j’avais besoin de faire plus pour monter d’un ou deux niveaux. Je voulais me rendre plus loin de ce que j’avais été capable de faire. » C’est à ce moment que l’épéiste décide de prendre une pause des palais de justice et choisit d’endosser sa tenue d’escrimeur à temps complet. « Ça n’aurait pas été le temps d’envisager un retour lorsque j’aurais eu 40 ans. Ma carrière en droit, même si je prends quelques années sans travailler, ça sera plus facile de m’y remettre. » Celui qui a toujours vécu à Québec est donc déménagé à Montréal l’automne dernier, à deux pas du Complexe sportif Claude-Robillard, centre national des escrimeurs. S’il est toujours affilié au Club l’Estoc et qu’il ne pourrait cheminer sans les conseils de son entraîneur de longue date Guy Boulanger, Vincent Pelletier s’entraîne maintenant sous la supervision de Gabor Salomon, l’entraîneur national, et de Michel Dessureault, l’assistant-entraîneur. « C’est un bon mélange. Gabor me donne de nouveaux outils, mais il faut aussi que je me rappelle de mon escrime que j’ai utilisée pour me rendre où je suis. Avec Guy, cela me permet de revenir plus à ce que je suis habitué à faire. » Selon lui, c’est cet équilibre qui lui permet maintenant d’exceller sur la scène internationale. « C’est de mieux en mieux. Je commence à plus sortir des actions plus naturellement que ce que je faisais auparavant, en plus de celles que j’apprends. Dans les autres compétitions, je faisais de bonnes actions, mais j’étais plus concentré à faire ce que je travaillais. » Le fait de se concentrer uniquement sur l’escrime n’est pas non plus étranger à ses récents résultats. Plus tôt cette année, il avait fini sixième à la Coupe du monde de Kish Island, en Iran. Ajoutée à sa 14e place à Paris, où un plus d’escrimeurs était présents, Pelletier n’a rien à regretter de ses choix. « La plus grande différence, c’est que je suis beaucoup plus reposé lorsque je vais en compétition. Je ne fais pas juste penser au travail. C’est la même chose lorsque je suis à la maison et que je m’entraîne. Je ne suis plus en train de brûler la chandelle par les deux bouts. Avant, je courais après le temps pour faire les deux comme il le faut. » Objectif : top-20 mondial Comme il n’y aura pas d’épreuve par équipe à l’épée aux Jeux de Londres, cela réduit le nombre de postes disponibles pour les athlètes ayant espoir d’obtenir leur qualification olympique. La période de sélection qui s’amorcera le printemps prochain s’échelonnera sur un an, à l’issue de laquelle les 12 premiers au monde, pour un maximum de deux représentants par pays, seront directement choisis. Ensuite les deux premiers de la zone des Amériques seront considérés et si aucun Canadien n’est encore qualifié par ce moyen, une dernière compétition sera tenue en Amérique afin d’y déterminer un dernier escrimeur. « Ça ne sera pas nécessairement facile, mais ce sera un beau défi, indique Pelletier, actuellement 62e sur l’échiquier mondial. Il faudrait être dans les 20 premiers au monde. » D’ici là, Vincent Pelletier vit sans regret avec sa décision « et fonce à 100 km/h » tout en relativisant ses moins bons coups, comme ses bons. « Quand tu prépares un projet de loi, ce n’est pas le même stress. Si tu perds un match, ça n’a pas un impact sur les citoyens! » conclue-t-il en riant. -30- |