Richard Dober
Le sprint de Richard Dober vers Londres PAR : Éric Gaudette-Brodeur Montréal, 10 juin 2010 (Sportcom) – Un total de 18 courses, 2 Coupes du monde en 2 de fins de semaine, et 3 médailles : le kayakiste Richard Dober Jr. est l’athlète Sportcom de la semaine du 7 juin 2010. Monter deux fois sur le podium d’une compétition internationale d’envergure en une vingtaine de minutes n’est pas banal. C’est ce que le Trifluvien a réussi à la Coupe du monde de Szeged, en Hongrie, le 30 mai. Il a obtenu l’argent au K-1 200 m, puis le bronze au K-2 200 m en compagnie d’Andrew Willows. « Ça m’a surpris moi aussi, avoue-t-il. Les entraîneurs et moi ne savions pas trop à quoi nous attendre. C‘était bien de commencer la saison en gagnant deux médailles dans les distances olympiques. » Quand le Québécois mentionne qu’il ne savait pas à quoi s’attendre, il parle entre autres de ses journées de cinq courses à la première Coupe du monde puis de six à celle de Duisbourg. C’est qu’en plus des K-1 et K-2 200 m, il a participé au K-2 1000 m en Hongrie et au relais 4x200 m en Allemagne.
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Richard Dober, chiropraticien, a une petite longueur d’avance sur ses rivaux lorsque
vient le temps de soigner ses blessures. « Quand je les ressens, je les comprends. »
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C’est lors du relais 4x200 m qu’il a récolté la troisième médaille de son voyage, une de bronze. Un résultat intéressant puisque la popularité de ces courses, au programme des Championnats du monde pour la première fois la saison dernière, ne cesse d’augmenter. « Je trouve vraiment que ce sont des événements spectaculaires et la foule adore ça. Ça montre aussi quels pays ont plus de profondeur que les autres. S’il y a une nouvelle épreuve que j’aimerais voir aux Jeux olympiques, c’est définitivement celle-là. » La quatrième place de Richard au K-1 200 m à Duisbourg est toutefois sa performance la plus importante. Engagé dans une chaude lutte avec Andrew Willows pour l’unique place disponible en vue des mondiaux d’août prochain, il a ainsi pris les devants 1-0 dans le duel qui se poursuivra lors des sélections nationales de juillet, à Montréal. De l’endurance à la puissance Changement d’importance pour les Jeux de Londres en 2012, les courses de 500 m ont été abandonnées au profit de celles sur 200 m. De par la nature très différente des épreuves de 200 et 1000 m, il sera presque impossible qu’un même athlète participe aux deux épreuves dans la capitale britannique. Des adeptes du 200 m pourraient peut-être faire partie d’un quatuor de 1000 m avance très prudemment l’athlète Sportcom de la semaine. « Le nombre de coups de rame se ressemble un peu. Ça pourrait être techniquement compatible, mais c’est quand même deux systèmes d’énergie passablement différents. » Une spécialisation est donc en cours et Richard n’y échappe pas, lui qui a fait une croix sur les distances de 500 m pour se consacrer aux sprints. « J’ai l’impression que je vais être encore meilleur sur 200 m que sur les deux autres distances. » Des entraînements axés vers l’endurance, il est passé à la recherche de puissance. « Ce qui a changé, sommairement, c’est que nous faisons moins de volume et beaucoup plus d’intensité. » De dix séances d’entraînement sur l’eau par semaine, la fréquence est donc passée à environ huit sorties. « Il faut être reposé pour obtenir un entraînement d’une qualité et d’une intensité maximale. » « Il faut aussi prendre le temps de bien refaire le plein d’énergie quand nous avons vidé notre réservoir », constate en riant celui qui s’est farci six courses de 200 m en une seule journée en Allemagne. Comprendre ses blessures La recherche de puissance du kayakiste de 29 ans met par ailleurs beaucoup de pression sur son corps, notamment ses coudes et ses épaules, plus sollicités que jamais. S’il se tourne vers d’autres sports, comme l’athlétisme, pour trouver des solutions, sa profession l’aide grandement à bien gérer la transition. Le chiropraticien ne s’en cache pas, il a probablement une petite longueur d’avance sur ses adversaires lorsque vient le temps de soigner ses blessures. « Quand je les ressens, je les comprends. Je sais quand je peux ramer et quand je dois m’arrêter. » La prévention des blessures par la pratique d’autres sports a également souri à Richard ces derniers mois. « Il n’y a pas beaucoup de sports qui travaillent le haut du corps en prévision d’efforts de sprint. Je fais donc beaucoup de natation. » Le ski de fond est aussi pratiqué par le protégé de l’entraîneur Mark Granger pour renforcer ses jambes. « Elles sont extrêmement importantes. C’est grâce à elles que nous transférons l’énergie au bateau. » « Quand je suis en camp d’entraînement en Floride, j’aime vraiment beaucoup faire du surf, mais il faut que je fasse attention », poursuit-il, confessant qu’il aime « peut-être autant cela que le kayak ». L’eau est ainsi au cœur de la vie du vice-champion mondial du K-2 500 m en 2006. « Ça aurait été difficile pour moi de ne pas aimer les sports aquatiques. J’ai été élevé dans l’eau. Ma famille est de Trois-Rivières. La rivière St-Maurice m’inspire. J’ai juste le goût d’aller sur l’eau quand je la vois. » C’est d’ailleurs une compétition de canoë-kayak qui a permis à Richard de rencontrer son épouse, Gosia. « Je l’ai connue lors d’une Coupe du monde en 2006. Je visitais Poznan. Des fois, ça vaut la peine de faire le touriste », rigole-t-il. Lors de l’entrevue, il était justement à Poznan, en visite chez sa belle-famille, à environ 100 mètres du site des prochains... Championnats du monde. -30- |